dimanche 15 mars 2015

Fiction gagnante du concours de fiction par Kiwiz

Fiction gagnante du concours de fiction par Kiwiz


[Partie 1]

Le souffle coupé, le jeune husky observait le paysage. La neige tombait, les montagnes étaient recouvertes d’un épais filet blanc, lisse et uni. Il marchait, les pattes froides, sur le lac glacé. Il devait se préparer à une expédition longue, plus que longue, plutôt interminable. Il profitait de ses derniers instants de repos puis revenu sur la terre ferme et se coucha. Il ferma ses délicates paupières malgré qu’il entendait encore le vent souffler violemment dans ses oreilles mais il restait là, sans bouger. Après quelques instants, il décida de se lever pour retourner au chaud, près de ses maîtres. Son propriétaire était Mr. Johnson. C’était un homme plutôt grand, brun, aux yeux marron. Il avait surnommé son chien de traîneau, Skippy. Les yeux de son chien étaient d’un bleu perçant et remarquaient le moindre mouvement, son pelage gris et blanc lui donnait une beauté exceptionnelle. Ce dont le jeune husky avait peur, c’était les loups. Il savait très bien qu’il allait en voir, mais il restait calme. Aki, un chien de traîneau qui allait faire la route avec vint le voir :
- Hey Skippy ! Tu vas bien ? 
- Oui, je stresse un peu. 
- Ne fais jamais ça ! 
- Pourquoi ?
- Autrement, tu ne vas pas t’amuser. C’est l’heure du repas ! glapit-il.
Skippy le suivit. Mr. Johnson posa quatre gamelles (les chiens étaient quatre). Les huskys coururent et dévorèrent leur repas. Dans quelques minutes, ils devaient partir. Le propriétaire vérifia une dernière fois les préparatifs. Mme Johnson attela les chiens et dit « Au revoir » à son mari. Le portail s’ouvrit, donnant sur un vaste océan de neige blanche unie dont la beauté s’ouvrait aux yeux des quatre huskys. Mais, rien n’était commencé … Cela faisait quelques heures que les chiens, Aki, Skippy, Blue et Perle couraient. Ils commençaient à fatiguer et à greloter. Le vent soufflait de plus en plus fort, une tempête de neige semblait s’acharner sur eux, leurs pattes devenaient lourdes et se métamorphosaient peu à peu en bloc de glace. Malgré leur souffrance, ils avançaient en essayant de la cacher. La nuit tomba, l’atmosphère se glaça brusquement, la neige s’acharna de plus en plus sur Aki, Skippy, Blue et Perle. La Lune était haute dans le ciel. Le paysage était magnifique, juste la tempête gâchait la vue. Mr. Johnson fit arrêter ses chiens :
- Une tempête va se lever, restons-la.
- Il y a une tempête, chuchota Perle en regardant de ses yeux bleus brillants Skippy. 
- Oui, accrochez-vous bien ! On va s’éclater ! s’exclama Aki. 
- Tu es content que ceci se passe ? s’étonna Blue.
- Ben oui ! Pas toi ? Et toi, Skippy, tu as peur ? 
- Un peu … 
- Quoi ? dit le jeune chien. Tu as peur ? 
- Il a dit un peu ! cria Perle. 
- Oh ! C’est bon, j’suis pas sourd. 
- Eh bien on dirait. 
Mr. Johnson monta sa tente et sortit d’un sac lourd des morceaux de viande. Il les lança aux quatre chiens. Les animaux les attrapèrent agilement, sans la moindre difficulté. Le repas fini, ils se couchèrent sur la neige et s’endormirent … Le vent continuait à souffler, la neige à tourbillonner, la tempête à s’abattre sur les animaux. Des bruits de pas, des hurlements retentissaient dans les montagnes. Une silhouette s’avança vers eux. Elle ressemblait étrangement à Skippy. Deux yeux luisaient d’un bleu vif dans l’obscurité. Elle s’approchait de plus en plus. Le jeune husky sentit son sang se glacer dans ses veines. Que devait-il faire ? Il huma l’air et sentit une odeur de loup ! Les chiens commencèrent à aboyer. Mr. Johnson se réveilla, prit une lampe torche et demanda :
- Que se passe-t-il ? 
Il pointa la lampe sur le loup et cria. Il s’affolait. Le prédateur, lui, ne bougeait pas, il regardait fixement Skippy, Aki, Blue et Perle de ses yeux perçants. Il s’avança vers eux et fit un signe de tête :
- Vous avez besoin d’aide ? 
- Non, non, répondit Aki. Que fais-tu ici ? 
- Je cherche de la nourriture. 
- Tu n’es pas dans ta meute ? demanda Skippy.
- Non, j’ai été banni. 
- Banni ? s’exclama Blue. 
- Je préfère partir, votre propriétaire va me chasser. 
Il s’éloigna d’eux en courant à toute vitesse puis adressa un dernier signe de tête qu’on ne voyait pas très bien à cause de la tempête. Le loup partit dans les montagnes laissant les huskys dans le froid. Peu de temps après, ils s’étaient endormis avec Mr. Johnson. Le matin, Blue avait été la première à se lever. Elle partit vers la tente de son maître, tenta de l’ouvrir, réussit et hurla :
- Mr. Johnson est mort ! 
- Quoi ? s’affola Skippy.


[Partie 2]

Le souffle coupé, le jeune husky observait le paysage. La neige tombait, les montagnes étaient recouvertes d’un épais manteau blanc lisse et uni. Il marchait, les pattes froides, sur le lac glacé. Il devait se préparer à une expédition longue, plus que longue, plutôt interminable. Il profitait de ses derniers instants de repos puis revenu sur la terre ferme, il se coucha. Il ferma ses délicates paupières malgré qu’il entendait encore le vent souffler violemment dans ses oreilles mais il restait là, sans bouger. Après quelques instants, il décida de se lever pour retourner au chaud près de ses maîtres. Son propriétaire était Mr. Johnson*. C’était un homme plutôt grand, brun, aux yeux marron. Il avait surnommé son chien de traîneau, Skippy. Les yeux de son chien étaient d’un bleu perçant et remarquaient le moindre mouvement, son pelage gris et blanc lui donnait une beauté exceptionnelle. Ce dont le jeune husky avait peur, c’était les loups. Il savait très bien qu’il allait en voir, mais il restait calme. Aki, un chien de traîneau qui allait faire la route avec lui vint le voir :
- Hey Skippy ! Tu vas bien ? 
- Oui, je stresse un peu. 
- Ne fais jamais ça ! 
- Pourquoi ?
- Autrement, tu ne vas pas t’amuser. C’est l’heure du repas ! glapit-il.
Skippy le suivit. Mr. Johnson posa quatre gamelles (les chiens étaient quatre). Les huskys coururent et dévorèrent leur repas. Dans quelques minutes, ils devaient partir. Le propriétaire vérifia une dernière fois les préparatifs. Mme Johnson attela les chiens et dit « Au revoir » à son mari. Le portail s’ouvrit, donnant sur un vaste océan de neige blanche unie dont la beauté s’offrait aux yeux des quatre huskys. Mais, rien n’était commencé … Cela faisait quelques heures que les chiens, Aki, Skippy, Blue** et Perle couraient. Ils commençaient à fatiguer et à greloter. Le vent soufflait de plus en plus fort, une tempête de neige semblait s’acharner sur eux, leurs pattes devenaient lourdes et se métamorphosaient peu à peu en bloc de glace. Malgré leur souffrance, ils avançaient en essayant de la cacher. La nuit tomba, l’atmosphère se glaça brusquement, la neige s’acharna de plus en plus sur Aki, Skippy, Blue et Perle. La Lune était haute dans le ciel. Le paysage était magnifique, juste la tempête gâchait la vue. Mr. Johnson fit arrêter ses chiens :
- Une tempête va se lever, restons-la.
- Il y a une tempête, chuchota Perle en regardant de ses yeux bleus brillants Skippy. 
- Oui, accrochez-vous bien ! On va s’éclater ! s’exclama Aki. 
- Tu es content que ceci se passe ? s’étonna Blue.
- Ben oui ! Pas toi ? Et toi, Skippy, tu as peur ? 
- Un peu … 
- Quoi ? dit le jeune chien. Tu as peur ? 
- Il a dit un peu ! cria Perle. 
- Oh ! C’est bon, j’suis pas sourd. 
- Eh bien on dirait. 
Mr. Johnson monta sa tente et sortit d’un sac épais des morceaux de viande. Il les lança aux quatre chiens. Les animaux les attrapèrent agilement, sans la moindre difficulté. Le repas fini, ils se couchèrent sur la neige et s’endormirent … Le vent continuait à souffler, la neige à tourbillonner, la tempête à s’abattre sur les animaux. Des bruits de pas, des hurlements retentissaient dans les montagnes. Une silhouette s’avança vers eux. Elle ressemblait étrangement à Skippy. Deux yeux luisaient d’un bleu vif dans l’obscurité. Elle s’approchait de plus en plus. Le jeune husky sentit son sang se glacer dans ses veines. Que devait-il faire ? Il huma l’air et sentit une odeur de loup ! Les chiens commencèrent à aboyer. Mr. Johnson se réveilla, prit une lampe torche et demanda :
- Que se passe-t-il ? 
Il pointa la lampe sur le loup et cria. Il s’affolait. Le prédateur, lui, ne bougeait pas, il regardait fixement Skippy, Aki, Blue et Perle de ses yeux perçants. Il s’avança vers eux et fit un signe de tête :
- Vous avez besoin d’aide ? 
- Non, non, répondit Aki. Que fais-tu ici ? 
- Je cherche de la nourriture. 
- Tu n’es pas dans ta meute ? demanda Skippy.
- Non, j’ai été banni. 
- Banni ? s’exclama Blue. 
- Je préfère partir, votre propriétaire va me chasser. 
Il s’éloigna d’eux en courant à toute vitesse puis adressa un dernier signe de tête qu’on ne voyait pas très bien à cause de la tempête. Le loup partit dans les montagnes laissant les huskys dans le froid. Peu de temps après, ils s’étaient endormis avec Mr. Johnson. Le matin, Blue avait été la première à se lever. Elle partit vers la tente de son maître, tenta de l’ouvrir, réussit et hurla :
- Mr. Johnson est mort ! 
- Quoi ? s’affola Skippy.
Le jeune chien accourut vers la tente de son maître et s’assit près de Blue. Perle et Aki arrivèrent après s’être réveillés. Un triste silence envahit la montagne, le vent avait cessé de souffler. Les yeux rivés vers M. Johnson, Skippy poussa un aboiement de détresse aigu et mélancolique. Une brise commença à chuchoter son chant habituel et le temps reprit. Des bruits de pas se firent entendre soudainement. Le husky sentit un léger frisson lui parcourir le dos. Son sang se figea, il se retourna par curiosité et distingua une silhouette singulière. Qui était-ce ? Prêts à attaquer, les chiens prirent une posture de combat, toutes dents dehors et terrifiants. Parfaitement calme, sans affolement, la mystérieuse personne continuait à avancer tranquillement. Skippy s’avança, humant l’air, et reconnut … Le loup d’hier ! Le husky recula d’un bond : Qu’allait-il faire ? Stressant, affolé, il s’avança vers lui d’un air imposant. L’animal dit :
- Tu ne me fais pas peur, tu sais. Ne fais pas cette tête. Cette fois-ci, avez-vous « vraiment » besoin d’aide ?
- Euh … Un peu … Notre maître est mort et nous ne savons pas comment ceci est arrivé …
Le loup s’approcha de Mr .Johnson, il hocha la tête puis expliqua :
- Il est réellement mort, son cœur ne bat plus. Vois-tu ces griffures ? Elles doivent provenir d’un animal. 
Il tourna la tête vers une montagne recouverte de neige plus blanche que nature. Des flocons tombaient sur son museau gris avec au bout, sa truffe noire comme ébène. Ses yeux perçants et bleu azur se tournèrent à nouveau vers le corps de Mr. Johnson puis murmura des paroles que personne n’avait entendues – cela ressemblait bel et bien à un rictus ou une prière pour les loups. Il ordonna d’un ton sévère aux huskys :
- Vous devez me suivre et abandonnez votre vie de roi. Vous faîtes partis des Infidèles maintenant. 
- Les « Infidèles » ? s’intrigua Aki.
- Je t’expliquerai plus tard … Suivez-moi. Et je ne veux pas de pleurs. ajouta-t-il d’un ton autoritaire. 
Sans dire un seul mot, les huskys suivirent l’animal. Le loup les emmena dans une montagne. A mesure qu’ils avançaient, Aki, Skippy, Blue et Perle comprirent qu’à partir de maintenant, leur vie douillette était terminée : Plus de repas servi sur place, c’était à eux d’aller chasser. Plus de lit doux et moelleux, c’était maintenant de la pierre et quelques rares brins de végétation qu’on pouvait trouver. Plus de sortie joyeuse avec leur maître, c’était une sortie avec le vent et la tempête. Ils arrivèrent à une caverne située à environ vingt mètres du sol, l’endroit était sombre et visé par les courants d’air. Pourquoi se mettre ici alors que d’autres endroits pourraient-être bien plus meilleurs ? Skippy demanda :
- Pourquoi ne vous mettez-vous pas dans cette caverne-là ? dit-il en désignant du museau une grotte.
- Appelle-moi Fao, Skippy. Pourquoi ? – il regarda les huskys d’un air sévère - Eh bien, pour mieux résister contre le froid et la souffrance. Visiblement, je vois bien que vous n’êtes pas habitués à cette vie … Vous allez devoir vous secouez les puces, futurs Infidèles … 
Après une longue inspiration, il se contenta d’aller se coucher derrière un rocher puis se leva pour parler aux huskys :
- Donc, comme vous me demandiez ce que sont les Infidèles et bien ce sont des animaux sauvages. Enfin, vous n’en êtes pas « purement » car premièrement, ils ne sont jamais adoptés, deuxièmement, ils n’ont jamais eu aucun contact avec l’être Humain et troisièmement –il prit un air méchant et sévère - et ils ne regrettent pas une vie douillette ! Et, ne m’aviez pas vous pas demander de raconter mon histoire ? 
- Non, non, dit Aki. Mais je la veux ! 
- Si tu veux. Dans le code des Infidèles, il est interdit d’aller voir les Hommes sous peine d’être banni. J’étais jeune et insouciant et j’ai fait le choix de braver cette interdiction, voilà.
- Il se retourna, regardant du coin des yeux les huskys puis alla se coucher derrière le même rocher qu’avant. Entendant son ventre qui grouillait à cause de la faim, Aki s’approcha de Fao puis demanda :
- On mange quand ? 
- Rho ! Vous pouvez pas m’laisser tranquille ? Je veux dormir ! – il fronça les sourcils – Aller chassez ! 
Il se releva puis le mordit fort pour faire comprendre à l’husky qu’il ne devait pas le déranger pendant sa pause. Le chien poussa un hurlement de douleur faible et plaintif puis repartit la tête baissé en direction de ses camarades. Cela faisait quelques jours que les nouveaux Infidèles cohabitaient avec Fao. Leur instinct sauvage s’était révélé naturellement, ils avaient appris à chasser mais avant encore du mal à s’habituer au décès de Mr. Johnson. Perle se réveilla, le soleil était là. Elle reconnut soudainement qu’on était l’été puis bondit de joie. Regardant de ses yeux bleus le paysage, elle lécha son pelage gris délicatement avec sa langue. Quelques minutes après, Aki, joyeux à son habitude, se leva de son lit de pierre et de brindilles. Skippy se réveilla en dernier puis alla voir Fao pour lui demander quand allaient-ils chasser. Il regarda derrière le rocher où il se couchait habituellement. Silence. Puis le cœur battant d’effroi, les yeux remplis de tristesse, les pattes s’obstinant à trembler même en luttant, Skippy hurla :
- Fao ! Où es-tu ?! Où es-tu ? Dis-le moi ! 
- Mais, mais … Où est Blue ? demanda Perle.
- Ils sont peut-être partis en promenade ? dit Aki.
- Je ne sais pas, on devrait mieux les chercher. 
- Dans ce froid glacial ? s’étonna le jeune husky.
- Même, rappelle-toi, il nous a accueillis …
Skippy se retourna, pensant à l’enlèvement. Il leva la tête vers le désert blanc infini qui voguait. Le cœur lourd, la tête remplie de questions, il ne se répétait qu’une chose : Retrouver Blue et Fao. Le sang se glaça à cette idée : Le kidnappeur pouvait être dangereux ? Il chassa cette idée horrible de ses pensées puis pensa qu’il existait plusieurs scénarios : Celui de l’enlèvement, celui d’être perdu et celui de fuguer. Mais, il élimina celui de fuguer. Pourquoi Blue aurait voulu partir alors qu’elle aimait tout le monde qui vivait autour d’elle ? Mais, Fao aurait très bien voulait faire une fugue pour la seule raison qu’il adorait la solitude. Alors, qu’est-ce qui pouvait les avoir fait disparaître ou partir ? Brusquement, une patte le secoua :
- Skippy ! Skippy ! Faut aller les retrouver ! ordonna Aki.
- Quoi ?! dit-il. 
- Vite ! Allez ! cria Perle.
Le jeune husky se releva puis secoua ses poils gris. Les chiens partirent chercher Blue et Fao puis Skippy s’inquiéta : Il ne connaissait pas la montagne ! Comment ferait-il pour les retrouver ? Et s’il se perdait ? Il pensa :
- Je dois comme même les retrouver … Je ne peux pas les abandonner ? Mais, Blue est en sécurité avec Fao ? Ou si elle était seule et Fao autre part ? Non, ce n’est pas possible … Ils doivent être ensemble, c’est sûr …
Le vent hurla un chant strident, de lourds flocons s’écrasaient sur les huskys, au loin, la mer glaciale se déchirait, l’endroit calme que connaissait les chiens s’était transformé en un paysage dévasté par la tempête. Les questions aussi faisaient une tempête mais à l’intérieur de leur tête. Que devaient-ils faire s’ils ne retrouvaient pas leur chemin ? Peu importe, ils avaient le devoir de les retrouver. La nuit tomba après quelques heures de recherches mais aucun indice ou trace les avaient guidés … La respiration haletante, le pouls qui avait brusquement monté par le stress, ils se couchèrent près d’un rocher recouvert par la neige :
- Skippy ? demanda Perle.
- Qu’est-ce qui se passe ? 
- Non, rien … dit-elle en levant son museau vers le ciel. 
- Aller, dis.
- Bon, d’accord. C’est que … Blue a eu un comportement bizarre ces derniers temps, non ? 
- Si, si.
- Et puis même qu’elle a combattu Aki.
- Ah oui ! Elle m’a fait hyper mal ! conclut le jeune chien. Le combat faisait rage. Elle m’a même presque fait une blessure. Regardez. 
Il se tourna et montra sa hanche :
- Comme même, là, ça fait mal. Grimaça Perle.
- Oui, oui, très mal, pendant un jour, j’ai eu cette douleur pour marcher.
- Ah ouais … Elle est pas un peu enragée ? dit Skippy.
- Nan ! En aucun cas ! Elle n’aurait jamais pu faire ça ! hurla la jeune husky.
- Mouais … constata Aki. Bon, on parlera demain. Aller, bonne nuit ! 
- Bonne nuit ! crièrent les chiens.
Ils s’endormirent sauf … Skippy. La même question lui trottait dans la tête : Qui avait tué son maître ? Il leva les yeux vers les étoiles. Peut-être qu’elles pouvaient l’aider ? Non, ceci n’existait pas en réalité. Les chiens sauvages l’utilisaient mais ça ne servait pas à grand-chose : Ils ne retrouvaient jamais leur maître ! Il s’endormit difficilement après quelques heures de réfléchissement. Le matin, à l’aube, les huskys se réveillèrent. Pressés d’aller manger, ils humèrent l’air. Une odeur de gibier se fit sentir puis ils se laissèrent guider par le parfum. Un chant doux et mélodieux se fit entendre, c’était celui de la brise légère qui dansait dans l’atmosphère doux sans nuage à l’horizon. Après quelques minutes de chasse, ils revinrent avec une petite proie : un oiseau. Il n’y avait presque rien à se mettre sous la dent, mais il fallait comme même manger pour calmer leur faim enragée. L’aile droite fut donnée à Skippy, l’aile gauche à Aki et le corps à Perle qui n’avait pas mangé depuis hier :
- Vous croyez qu’un jour on pourra retrouver Fao et Ble ? demanda l’husky, Skippy.
- Non, je ne sais pas. Peut-être ou plutôt jamais … déclara d’un ton monotone Perle. 
- Aller ! Gardez le moral ! Vous n’irez pas jusqu’au bout si vous vous abattez à la moindre difficulté ! lança le dernier chien.
- Bref, nous ferons mieux de les retrouver … dit la chienne. 
Ils partirent calmement, le museau rivé vers le sol. Les pattes des huskys s’enfonçaient dans l’épaisse couche de neige blanche et unie. Souples et agiles, ils marchaient aisément, mais lentement tout en pensant à ce qui pourrait leur arriver. Aki s’engouffra dans une masse de neige. Il tomba puis se releva à l’aide de ses membres. Un museau venant de nulle part sortit brusquement du filet uni qui recouvrait le sol. Un museau très particulier. Inquiété par l’étrange chose, le jeune chien déterra l’endroit où il avait vu la truffe. Mais … Mais … C’était vraiment ceci ? Pourquoi Blue était-elle là ? Pour quelle raison ? Mais, où était Fao ? La chienne sauta sauvagement sur Skippy, griffant et mordant. Pourquoi se comportait-elle ainsi ? L’husky attaqué repoussa son adversaire et lui demanda :
- Wow, wow ! Qu’est-ce qui te prends de m’attaquer comme ça ? 
- Vous avez tués Mr. Johnson ! –elle sauta sur Aki et le mordit fortement- Je ne vous comprends pas de l’avoir tué ! 
- Ahou ! Tu fais mal ! hurla Aki. 
- Je suis sauvage, c’est tout ! 
- Qui te l’a dit que nous avons tués Mr. Johnson ? demanda calmement Perle. 
- Fao. Il est sage et intelligent ! Je ne verrais pas en quoi aurait-il pu mentir ! 
- Il a menti, Blue. Il a menti ! Nous n’avons rien fait ! cria Skippy.
- Je ne vous crois pas. C’est vous les menteurs. 
Elle lâcha Aki, la respiration haletante, la langue tirée. Une ombre, vive et agile courut jusqu’à la jeune husky. C’était Fao :
- Fao ! s’exclama Blue. Ils sont là ! Attaque-les ! 
- Oui, bien sûr. 
Il fixa d’un regard menaçant ses ennemis. Prêt à les tuer, il prit une position de chasse, d’attaque. Sans pitié, il bondit sur Skippy : 
- Peu importe, pensa-t-il. Je dois le tuer en priorité. Je ne sais pas pourquoi mais une force m’y oblige. 
Une fraction de seconde se passa, puis une seconde et enfin, Fao griffa fortement Skippy qui poussa un hurlement de douleur fort et puissant. Perle demanda, la respiration haletante :
- Dites-nous ce qui ce passe dans votre tête ! On ne sait même pas ce que vous voulez !
- On veut votre mort puisque vous avez tué Mr. Johnson ! vociféra Blue. 
- On a rien fait ! Je te le jure ! C’est Fao! hurla Aki.
- Non, je n’ai rien fait moi ! Rien ! cria le loup. 
Blue était déboussolée. Qui avait vraiment commis le meurtre ? Ne sachant plus quoi faire, elle partit dans l’infini désert blanc et de montagnes : 
- Non ! Blue, reviens ! cria Skippy.
- Pourquoi as-tu tué notre maître, Fao ?! cria Perle. 
- Je déteste tout particulièrement les Hommes ! Ils m’ont faits bannir de la meute ! De ma meute ! J’ai perdu ma famille, mes amis ! 
- Tu n’avais pas qu’à respecter leur code, hurla la chienne.
- Ça suffit ! dit le loup. 
Il prit son élan et s’empressa d’aller mordre Aki qui ne put succomber à la douleur, il tomba. Silence. Puis une voix, sans âme et remplie de tristesse dit : 
- Je suis mort … dit le blessé. Je ne pourrai rien y faire et vous aussi. Laissez-moi simplement mourir, je demande ceci … 
- Non ! Aki, ne me dis pas que … cria Perle. 
- Si, il faut que je meure. Tuez-moi, j’insiste. Mordez-moi ou faites quelque chose … Mais je ne supporte pas cette douleur … 
Il ferma ses paupières, attendant tout simplement la Mort qui ne tarda pas à arriver. Avec peine, Skippy s’empressa de le mordre fortement. Il n’y avait pas cru : Il venait de tuer son ami -Son meilleur ami-. Il pleura –mais un animal ne le montre pas, les larmes proviennent du cœur- devant son ami qui s’éteignait peu à peu devant ses yeux, ses yeux brulés par la colère de ne pas lui avoir dit un adieu. Perle aussi pleurait mais Fao restait insensible, un véritable cœur de pierre ce loup, un cœur plus dur que de la roche à dire indestructible. Les sentiments ne sortaient pas de son esprit, il gardait la même attitude, c’est-à-dire neutre quelques soit les circonstances. Il émit un sourire narquois et moqueur, il se moqua : 
- Oh ! Dommage … Quelle ironie ! Mourir à cause de moi puis à cause de son meilleur ami ! Mais vraiment, Skippy, qu’as-tu fais ? Tu l’as tué, n’est-ce pas ? 
- Il me l’a demandé ! Je ne l’aurais pas fait sinon ! 
- Vraiment ? Aurais-tu supporté alors de le voir souffrir ? 
- Non ! Mais je ne voulais pas le tuer !
- Laisse-le, Fao ! Arrête avec tes questions ! cria Perle.
- Mais quelle petite peste vient se mettre devant moi ? Mais, puisque tu le veux. Je vais tuer une bonne fois pour tout ton ami. 
- Mais … 
Fao bondit sur Skippy juste après les paroles de Perle. L’husky l’évita puis le mordit violemment à l’épaule. L’autre entreprit une griffure presque mortelle au dos de son adversaire. Ce dernier s’écroula sur la neige : 
- Qu’as-tu fais Fao ?! cria Perle.
- Je l’ai tué. Dit-il avec un sourire ironique. 
- Je lutte, lutte contre la Mort, lutta Skippy. Ne t’inquiète pas Perle, je ne te laisserais pas seule. Je serais toujours avec toi. 
Il se leva avec peine et utilisa sa dernière force pour faire une morsure mortelle à Fao. Le loup tomba sur le sol comme un pauvre bâton de bois lâché des mains d’un enfant. Skippy était à bout de force, il n’en avait plus. Il était content d’avoir tué son ennemi mais il savait bien qu’il ne pourrait pas bouger avant longtemps, il tenta de se mettre sur ses pattes, il retomba directement sur la couche glaciale et blanche sur laquelle il marchait … Il ouvrit ses yeux et se vit à l’intérieur d’une caverne, la tête de Perle se fit voir : 
- Où suis-je ? 
- En sécurité, répondit-elle avec joie.
- Et Blue ? Fao ? 
- Tu te souviens, Blue a fui pendant la bataille. Depuis, je ne l’ai pas revue. Elle doit être morte … -son regard s’assombrit- Fao, lui, il est mort. Mort de ta morsure.
- Ah oui … Je me souviens, dit- il avec un triste sourire. Aki aussi est mort …
- Oui, en effet. 
- Et, sais-tu ce qu’on va devenir ? 
- Aucune idée, on restera sûrement à l’état sauvage. 
- Oui. 
Skippy regarda les dunes blanches et glacées qui voguaient sur le désert blanc infini.

Qu’étaient devenus nos héros ? Les deux survivants s’étaient fait recueillir par une famille : Les Molter***. Une famille composée de deux enfants et deux parents. Blue, elle, n’était pas morte, elle était partie vivre dans une meute de loups qui l’avait accepté malgré sa différence. Les deux autres étaient morts mais ils vivaient toujours, toujours dans le cœur de leurs amis. Le corps de Mr. Johnson avait été retrouvé. Les enquêteurs cherchaient toujours le coupable mais ça ne servait à rien, Skippy l’avait déjà fait à leur place. Ils avaient tous vécu une vie heureuse malgré les obstacles qui les avaient empêché d’avancer, mais ils les avaient tous surmontés …









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